30 mars 2009

Biscuits- Empreinte Amandes, Confitures & Farine de Matsa


Parce qu'à l'origine la cavité contenant la garniture était faite avec le pouce, ces petits biscuits fourrés sont toujours appelés par leur nom initial thumbprint cookies (biscuit avec empreinte du pouce) même si aujourd'hui le manche d'une cuillère en bois est plus couramment utilisé.
Il existe un nombre incroyable de variantes de ces biscuits de base que ce soit dans la pâte (nature ou au chocolat, avec ou sans poudre de fruits secs, avec du sucre blanc ou brun etc..) ou dans la garniture allant de la traditionnelle confiture au chocolat en passant par les plus modernes dulce de leche et sauce caramel.
Dans cette version spécialement adaptée pour la fête de Pessah (Pâques Juive), la farine est remplacée par de la farine de matsa qui donne aux biscuits un léger goût torréfié et une texture croustillante qui contrastent agréablement avec la confiture.
Même si vous manquez de temps ou que la tentation est forte, ne remplacez surtout pas les amandes torréfiées par de la simple poudre d'amandes du commerce souvent trop fine et surtout trop fade. La torrefaction en permettant de libérer tous les arômes de l'amande et la mouture au robot qui permet d'obtenir une texture un peu plus granuleuse donnent plus de caractère aux biscuits. Un tout petit peu plus de travail pour beaucoup plus de gourmandise, ça vaut le coup, non..?

(pour 25 petits biscuits)

  • 70g d'amandes effilées
  • 100g de sucre
  • 100g de farine de matsa
  • 1 pincée de sel
  • 110g de beurre ou margarine fondu(e)
  • 1 oeuf
  • 1/2 cc d'extrait de vanille
  • 2-3 gouttes d'extrait d'amandes amères ou arôme amande
  • confitures de préférence rouges: fraise, framboise, fruits rouges etc..

Préchauffer le four th.5 (150°C). Étaler les amandes effilées sur une plaque à pâtisserie et torréfier 8 à 10 min ou le temps que les amandes prennent une légère couleur dorée et commencent à être odorantes. Laisser refroidir.

Mettre le beurre ou la margarine dans une petite casserole et faire fondre. Laisser tiédir le temps de moudre les amandes.

Placer les amandes torréfiées avec le sucre, la farine de matsa et le sel dans le bol d'un robot muni de la double lame et mixer par pulsations longues jusqu'à obtention d'une poudre fine (veiller à arrêter régulièrement de mixer pour éviter la formation d'une pâte).

Dans un saladier moyen, fouetter grossièrement l'oeuf puis ajouter le contenu du bol, le beurre fondu tiède ainsi que les parfums. Mélanger avec une cuillère pour obtenir une pâte épaisse homogène. Placer au réfrigérateur au moins 30 min pour raffermir.

Préchauffer le four th. 6 (180°C). Garnir 1 ou 2 plaques de cuisson avec du papier cuisson.

Prélever l'équivalent d'une cuillère à soupe rase de pâte par biscuit, former des boules et déposer sur les plaques de cuisson en laissant un espace d'au moins 3 cm entre elles. Réfrigérer 10 min.

Avec le manche d'une cuillère en bois ou autre, faire une indentation au centre de chaque boule de pâte (reformer éventuellement la boule de pâte) d'environ 8 mm de profondeur. Remplir les cavités formées avec de la confiture (1/4 cc environ) et placer à nouveau au frais pendant 5 min.

Enfourner et cuire 10 à 12 min ou le temps que les biscuits dorent légèrement en surface et que le dessous soit bien doré. Transférer délicatement les biscuits sur une grille pour refroidir.

Ces biscuits se conservent dans une boîte hermétique.


Source: adapté d'après une recette de Melissa Robert dans Gourmet

26 mars 2009

Quand Chocolat, Amandes et Orange s'Emmêlent dans un Gâteau Fondant Spécial


Parce qu'il ne contient ni farine ni agent levant et entre donc parfaitement dans le cadre des restrictions alimentaires liées à Pessah (Pâques Juive), le classique fondant au chocolat (flourless chocolate cake) est depuis longtemps un incontournable des gâteaux les plus couramment réalisés pendant cette fête qui débutera cette année dans quinze jours.
Sous le même nom, vous trouverez un nombre impressionnant de recettes différant par leur composition, les parfums, les ingrédients, les proportions...
Pourquoi ce gâteau est-il différent des autres fondants au chocolat? Parce qu'il a le goût riche et intense du chocolat, la texture d'une mousse crémeuse enrichie par les amandes , parce qu'il possède une note agréable et originale de fraîcheur apportée par l'orange.. et parce que c'est une recette de la First Lady of Chocolate, Alice Medrich et que toutes ses recettes essayées à ce jour sont au pire excellentes et au mieux jubilatoires.


(pour un moule à charnière de 23 cm)

  • 250g de chocolat noir 66-70%
  • 230g de beurre ou margarine
  • 35g d'amandes entières
  • 30g de farine de matsa (clic)
  • 6 oeufs séparés
  • 1 zeste d'orange finement râpé
  • 120g de sucre ou 50/50 cassonade/sucre blanc (1)
  • 1 pincée de sel
  • 30g de sucre (2)
  • sucre glace spécial Pessah ou cacao en poudre pour le décor

Préchauffer le four th. 6-7 (190°C).

Placer le chocolat grossièrement haché et le beurre ou la margarine coupé(e) en morceaux dans un cul de poule ou un bol résistant à la chaleur et faire fondre au bain-marie en remuant de temps à temps jusqu'à ce que le mélange soit lisse. Réserver.

Verser les amandes entières et la farine de matsa dans le bol d'un robot multifonctions muni de la double lame et mixer par à-coups jusqu'à obtention d'une poudre fine. Réserver.

Note: la poudre sera mixée plus ou moins finement selon les goûts. Très fine pour une texture fondante du gâteau, grossière pour une texture type "praliné". Il est important de ne pas mixer en continu et pendant longtemps sous peine d'obtenir une pâte.

Séparer les oeufs dans 2 grands saladiers différents. Verser le zeste d'orange râpé, le sel et le sucre (1) dans les jaunes et fouetter énergiquement jusqu'à ce que l'appareil blanchisse et épaississe. Ajouter la mixture chocolat/beurre tiédie et bien mélanger pour obtenir une préparation lisse.

Battre les blancs avec quelques gouttes de jus de citron à vitesse moyenne jusqu'à ce qu'ils forment une mousse épaisse. Ajouter le sucre (2) par petites pincées tout en continuant à fouetter à grande vitesse jusqu'à formation de pics fermes qui tiennent entre les fouets.

Note: attention à ne pas battre les blancs en excès sous peine de rendre granuleuse la texture du gâteau.

Verser les amandes en poudre et 1/4 des blancs montés dans le mélange chocolaté, mélanger avec une maryse puis ajouter le reste des blancs et incorporer délicatement en soulevant la masse tout en faisant tourner le saladier.



Transvaser la pâte dans le moule non graissé, égaliser la surface avec la spatule et enfourner pendant 35 à 40 min ou le temps qu'un pique en bois ou un cure-dents enfoncé à 3 cm du bord ressorte propre (le centre du gâteau doit rester tremblotant). Poser le moule sur une grille et laisser complètement refroidir.

Pour servir, passer la lame d'un couteau ou une spatule métallique sur les bords du gâteau avant de retirer le contour du moule puis glisser la spatule sous le gâteau et le transvaser sur le plat de service.

Note: ce gâteau est meilleur préparé la veille. Bien emballé dans du film alimentaire; il se conserve 3 jours et peut également être congelé.

Saupoudrer de sucre glace spécial Pessah ou de cacao en poudre non sucré et servir accompagné de crème fouettée, de sauce chocolat ou encore de fraises ou framboises si vous en consommez ou de griottes glacées réalisées avec du vin doux.


Source: adapté de Chocolate Holidays: Unforgettable Desserts for Every Season de ma chouchoute Alice Medrich

24 mars 2009

Bière, Avoine & Miel: 3 Ingrédients Insolites pour 10 Petits Noeuds Délicieux


Quand on aime le goût du pain, quand on aime mettre la main à la pâte, quand on est curieux et avide de découvrir et tester différentes techniques, quand on aime Dan Lepard et que toutes ses recettes réalisées rencontrent à chaque fois un franc succès, il n'y a rien de très surprenant à vouloir essayer sans attendre une nouvelle recette de petits pains surtout quand ils sont aussi joliment présentés en photo, en vidéo et en mots (librement traduits):
"Avec cette recette, les petits pains façonnés en forme de nœuds restent vraiment moelleux grâce aux flocons d'avoine cuits et au beurre. Ces pains ont un peu le goût des pains aux céréales avec une légère saveur de noisette et une subtile douceur due à la bière et au miel."
Je n'avais pas de bière brune, j'ai utilisé une bière blonde et réduit la quantité de miel... pour quelqu'un qui aime tester différentes recettes, j'ai déjà fait ces petits pains 3 ou 4 fois en quelques mois et comme cette période est propice pour se débarrasser des farines, céréales et boissons fermentées... j'en ai refait! Encore...
Susan, I would love to share these little rolls with you: just bring on the beer.. and your yeastspotting ;)

(pour 10 petits pains ou 6 pains sandwich)

  • 75g de flocons d'avoine
  • 500ml de bière brune ou blonde
  • 50g de beurre
  • 35g de miel
  • 400g de farine T65
  • 150g de farine T110
  • 2 cc de levure sèche instantanée
  • 1 3/4 cc de sel

Pour la version filmée, cliquer ici.

Préchauffer le four th.6 (180°C).
Etaler les flocons d'avoine sur une plaque à pâtisserie, placer au four et torréfier environ 10 min ou le temps que les flocons d'avoine aient une couleur brun-dorée soutenue.
Verser la bière dans une grande casserole, ajouter les flocons d'avoine torréfiés et porter à ébullition sur feu moyen. Ajouter le beurre en morceaux et le miel, éteindre puis couvrir et laisser tiédir environ 30 min.

Dans un grand saladier, mélanger les farines et la levure sèche instantanée puis ajouter le sel et mélanger. Verser le mélange bière/avoine chaud (mais pas brûlant!!) et mélanger avec la main pour humidifier toute la farine et former une pâte grossière assez collante. Couvrir et laisser reposer 10 min pour laisser le temps à la farine d'absorber le maximum d'humidité.

Renverser le contenu du saladier sur un plan de travail légèrement huilé, huiler ses mains et rassembler la pâte en une boule avant de la pétrir pendant 10-12 sec. Remettre la pâte dans le saladier, couvrir et laisser reposer 10 min puis recommencer l'opération précédente (pétrissage rapide) 2 fois en laissant reposer 10 min à chaque fois.
Pétrir encore une dizaine de secondes avant de couvrir et de laisser pousser pendant 1h ou le temps que le volume double.



Verser la pâte sur le plan de travail légèrement fariné. Diviser en 10 morceaux de 115g environ pour des petits pains d'accompagnement ou en 6 pains de 200g environ pour une taille sandwich. Façonner chaque morceau en boudin en repliant plusieurs fois la pâte sur elle-même pour incorporer de l'air puis en allongeant le boudin jusqu'à 20 cm ou 30 cm selon la taille du pain final.

Note: si vous voulez décorer vos pains avec des flocons d'avoine ou d'autres flocons ou graines, humidifier un papier absorbant avec de l'eau, passer le boudin dessus puis dans les flocons ou graines avant d'allonger le boudin à sa taille finale

Former un noeud avec les longs boudins et placer sur une plaque de cuisson garnie de papier sulfurisé en les espaçant de quelques centimètres. Couvrir avec du film alimentaire légèrement huilé ou un torchon humide ou si la plaque de cuisson n'est pas trop grande, l'envelopper dans un sac plastique. Laisser doubler de volume pendant 1h à 1h30.

Préchauffer le four th. 6-7 (190-200°C) avec un récipient métallique ou la lèche-frite placé(e) au niveau inférieur du four. Au moment d'enfourner, verser de l'eau bouillante dans le récipient et fermer immédiatement la porte pour emprisonner la buée formée.
Enfourner et cuire environ 15 min puis baisser le thermostat à 6 (180°C) et poursuivre la cuisson 10 à 15 min ou le temps que les pains soient bien gonflés et brun-dorés.
Refroidir sur une grille.


Source: adapté de la recette de Dan Lepard, publiée dans Guardian Nov 2007

19 mars 2009

Rugelach, le Biscuit qui Voulait Etre Croissant


Rugelach, rugalah, rugeleh, rogelach, rugalach: dit en chantant, ça pourrait ressembler à une comptine mais ces noms correspondent juste aux différentes orthographes d'un petit biscuit originaire d'Europe Centrale et traditionnel de la pâtisserie juive ashkénase.
Sous ses faux airs de croissant se cache une pâte levée ou une pâte à biscuit souvent enrichies de crème entourant un mélange de confiture, de fruits secs et de noix.
En immigrant aux Etats-Unis comme le kolache, le rugelach a lui aussi subi l'American touch non seulement par l'introduction dans la pâte de cream cheese (certains prétendent même que c'est la compagnie propriétaire du célèbre Philadelphia qui a mis au point cette nouvelle recette), et par la création d'une diversité impressionnante de garnitures. Preuve de la popularité et de l'intégration des rugelach aux Etats-Unis, cette pâtisserie typiquement juive et traditionnellement préparée pour la fête de Hanoucca est devenue pour de nombreux Américains un incontournable des biscuits présents sur la table au matin de Noel!
La recette en elle-même est très simple et très riche et rappelle beaucoup la célèbre pâte "feuilletée rapide" à base de petits-suisses que vous pouvez d'ailleurs substituer ici au cream cheese et de même utiliser du fromage blanc, de la crème épaisse ou autre fromage à tartiner.
La clé pour des rugelach mi feuilletés mi fondants est d'utiliser un beurre (ou de la margarine) froid dont les traces à la cuisson formeront des petites poches d'air qui donneront sa texture à la pâte.
Le reste n'est que littérature... et gourmandise.


(pour 48 rugelach)


pâte à rugelach
  • 225g de cream cheese ou substitut ou crème épaisse ou fromage blanc ou petits-suisses
  • 230g de beurre (ou margarine) froid
  • 350g de farine T55
  • 2 cs de sucre
  • 1 pincée de sel

garniture au chocolat
  • qs crème liquide ou Nutrifil
  • 1 cs de cacao en poudre non sucré
  • 100g de sucre
  • qs cannelle ou vanille au goût
  • 120g de chocolat noir


Pour la pâte à rugelach (à préparer la veille de préférence)
(adapté de Bittersweetd'Alice Medrich)

Si vous n'avez pas de robot mixeur ou si vous avez la flemme de le sortir du placard, vous pouvez réaliser cette pâte à la main de préférence en la travaillant avec 2 couteaux.

Couper le beurre froid (ou la margarine) et le cream cheese en gros dés.
Dans le bol du robot muni de la double lame, verser la farine, le sucre et le sel et mélanger en effectuant quelques petites pulsations. Ajouter les dés de beurre froid et pulser plusieurs fois de suite jusqu'à ce que le mélange ait la consistance d'une chapelure grossière. Ajouter le cream cheese et faire tourner le robot en continu jusqu'à formation d'une pâte formant une boule contre la paroi du bol.
Transvaser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné, rassembler les éventuels petits morceaux non amalgamés puis diviser en 4 morceaux identiques (180-200g environ d'après mes souvenirs). Ecraser chaque morceau en un disque de 10 cm de diamètre, envelopper avec du film alimentaire et placer au réfrigérateur pour raffermir au minimum 4h mais de préférence la nuit.




Pour la garniture chocolatée
(adapté de about.com)

Mélanger dans un bol le cacao en poudre le sucre et la cannelle ou de la vanille si vous préférez, ajouter le chocolat noir coupé en petits morceaux de la taille d'un pois chiche ou râpé et mélanger.


Façonnage des rugelach

Préchauffer le four th. 6 (180°C). Garnir 1 ou 2 plaques de cuisson avec du papier sulfurisé.
Sortir un disque de pâte du réfrigérateur (garder les autres au frais jusqu'au moment de les façonner), retirer le film alimentaire et le placer entre deux feuilles de papier sulfurisé sur un plan de travail.
Étaler la pâte avec un rouleau en partant du centre à chaque coup de rouleau de manière à former un disque d'environ 30 cm de diamètre et d'épaisseur régulière.
Retirer la feuille de papier sulfurisé du dessus et retourner la pâte d'un coup sur le plan de travail ou une grande planche à découper avant de retirer la deuxième feuille de papier.

Note: le fait de placer la pâte entre 2 feuilles de papier sulfurisé facilite l'étalement de la pâte assez molle et évite un apport supplémentaire de farine dans la pâte qui la rendrait moins moelleuse. Si vous tenez à étaler directement sur le plan de travail fariné, tachez de travailler rapidement pour éviter un ramollissement de la pâte et donc un ajout de farine

Badigeonner au pinceau la surface de la pâte avec un peu de crème liquide (ou du beurre fondu) . Répartir régulièrement environ 1/4 de la garniture chocolatée sur tout le disque et appuyer avec le rouleau pour faire adhérer. Découper le cercle en 12 tranches (découper d'abord en 4 puis chaque 1/4 en 3) avec une roulette à pâtisserie ou à pizza. En partant de la base du triangle, façonner chaque tranche en croissant en roulant la pâte vers la pointe et déposer les rugelach (pointe dessous) au fur et à mesure sur la plaque de cuisson en les espaçant de quelques centimètres.

Note: certains badigeonnent les rugelach avant de les enfourner avec de l'oeuf battu ou du jaune ou autre; comme il me restait de la crème, j'ai badigeonné quelques rugelach mais la différence avec les autres qui ne l'avaient pas été ne m'a pas parue flagrante.


Note: selon les besoins, les autres disques de pâte peuvent être façonnés comme le premier pour une cuisson immédiate ou conservés pendant 2 jours max au réfrigérateur. Idem pour la garniture qui se conserve recouverte à température ambiante. Il est également possible de congeler les rugelach crus dans des sacs pour les avoir toujours frais.

Enfourner les rugelach et cuire environ 15 min (jusqu'à 25 min si vous faites des rugelach plus gros par exemple en découpant le disque en 8). Refroidir sur une grille dès la sortie du four (de la garniture aura probablement un peu coulé sous le rugelach; si le croissant n'est pas transféré tout de suite, le surplus va durcir et rester collé). Saupoudrer éventuellement de sucre glace.

Les rugelach sont meilleurs consommés le jour-même mais ils se conservent sans problème pendant quelques jours.

16 mars 2009

Le Gâteau Orange-Huile d'Olive de Mme Mahjoub


Il y a 2 ans, intriguée par l'originalité de la recette, j'avais sans hésiter testé le fameux gâteau-fruit de Claudia Roden dont la texture spongieuse, le parfum envoutant des oranges et leur association parfaite avec des amandes avaient connu un véritable succès.
Moins d'un an plus tard, surprise de trouver une autre recette de gâteau à l'orange utilisant là aussi le fruit entier mais de composition plus classique, je n'eus pas besoin d'être beaucoup poussée pour réaliser ce gâteau composé en plus d''huile d'olive dont je savais déjà grâce à Giada qu'elle se mariait particulièrement bien avec les agrumes. Sous le charme, j'avais publié la recette adaptée dans le magazine Cuisine P@ssion et c'est elle que je vous propose ici aujourd'hui accompagnée du même texte mais avec des photos plus récentes, preuve si besoin était que ce gâteau a un goût de "reviens-y".

C'est à Tebourba, au nord de Tunis dans la vallée de la Medjerda que vit la famille Mahjoub, productrice d'une huile d'olive de qualité renommée. Et tandis qu'AbdelMajid et ses frères dirigent l'entreprise familiale avec succès, leurs sept sœurs dans la cuisine rivalisent de talent et dextérité.
Laissez-vous tenter par le gâteau à l'orange de Mme Mahjoub où l'association de l'huile d'olive et la purée du fruit entier lui confèrent une texture incroyablement moelleuse et un parfum puissant et fruité. Et si vous avez l'occasion de trouver encore sur vos étals des oranges maltaises de Tunisie à la pulpe sanguine juteuse et parfumée, elles ajouteront à ce gâteau une note joliment rosée.


(pour 8 à 10 personnes)

  • 2 oranges à peau fine bio ou non traitées
  • 70g d'huile d'olive
  • 300g de farine de type 55
  • 1 cc de levure chimique
  • ½ cc de bicarbonate de sodium
  • ½ cc de sel
  • 4 oeufs
  • 250g de sucre
  • 1 cc d'extrait de vanille
  • ½ cc d'arôme amandes


Préchauffer le four thermostat 6 (180°C). Beurrer et fariner un moule à charnière ou à manqué de 23 cm de diamètre et tapoter pour ôter l'excédent de farine.

Laver et brosser énergiquement les oranges sous l'eau courante, sécher puis couper les extrémités au niveau de la tige et du pédoncule sur 1 à 2 cm pour ôter la partie la plus épaisse. Couper les oranges non pelées en 8 morceaux, éliminer les éventuels pépins et mettre dans un robot-mixer muni de la double lame. Mixer à vitesse moyenne pour obtenir une purée grumeleuse. Ajouter l'huile d'olive en filet tout en continuant à mixer jusqu'à ce que la purée prenne une consistance épaisse et crémeuse. Réserver.



Tamiser ensemble la farine, la levure et le bicarbonate de sodium, ajouter le sel, mélanger et réserver.

Dans un grand bol pâtissier, fouetter les œufs en omelette puis continuer à fouetter en ajoutant le sucre petit à petit: l'appareil doit pâlir et épaissir. Ajouter les extraits de vanille et d'amande et mélanger. Ajouter la farine en 3 fois en alternance avec la purée d'orange en mélangeant après chaque addition avec une cuillère en bois: la pâte doit être épaisse avec une structure un peu rugueuse due au zeste et à la pulpe de l'orange mais ne doit plus contenir de traces de farine.

Verser la pâte dans le moule, enfourner en position centrale et cuire environ 45 min (un pic enfoncé au centre du gâteau doit ressortir propre).



Laisser refroidir avant de démouler sur le plat de service. Saupoudrer de sucre glace ou glacer avec un nappage chocolat et servir nature ou accompagné de crème fouettée éventuellement parfumée à la cardamome, à la liqueur d'amandes ou à l'eau de fleur d'oranger.




Bien emballé dans du film alimentaire, ce gâteau reste moelleux et peut se conserver au moins 1 semaine.


Source: adapté de The Essential Mediterranean de Nancy Harmon Jenkins

13 mars 2009

Jardin A l'Anglaise: Muffins, Thé et Marmelade


Quand je vous disais qu'en 3 ans les goûts ont largement le temps d'évoluer voire même de changer: il n'y a pas si longtemps, j'avais un à-priori plutôt négatif sur les gâteaux-muffins (même le nom m'agaçait) que je supposais à tort lourds et indigestes avant de connaitre les astuces pour une texture parfaite. Il n'y a pas si longtemps, en bonne française élevée au pain et à la baguette, je pensais que le seul pain digne de ce nom devait avoir une croûte croustillante un peu caramélisée entourant une mie légère et surtout ne contenir rien d'autre que de la farine, de l'eau, de la levure et du sel.
Je vous laisse alors imaginer le peu d'attrait que je pouvais éprouver pour les muffins anglais, ces petits pains plats et moelleux cuits à la poêle qui ressemblaient plus à mes yeux à des crêpes levées qu'à ma conception de pain.
Et puis depuis 4 ans, il y a eu ma première MAP et les forums de boulange qui m'ont vite donné envie d'aller plus loin dans la fabrication et la connaissance des pains,
Et puis il y a eu les livres spécialisés sur le pain qui ont vite envahi ma bibliothèque culinaire,
Et puis il y a eu Peter Reinhart et son Bread Baker's Apprentice avec ses recettes fiables au gramme-près et sa recette d'English muffins qui me titillait sans arrêt et dont la page était cornée,
Et puis il y a eu Alexis. Alexis qui en seul message m'a poussée tout droit vers ma cuisine, mon saladier et ma farine.. à la minute. Alexis à qui j'ai promis une recette testée et (largement.. très largement) approuvée et qui je l'espère excusera le retard avec lequel je la lui propose.
Le Larousse gastronomique explique que "les muffins à l'anglaise sont habituellement appréciés en hiver, coupés en 2, toastés, beurrés et servis avec un thé chaud et parfois avec de la confiture". Après les avoir goutés, je regrette de ne pas être à l'époque Victorienne, quand les marchands ambulants vendaient les muffins dans un plateau posé sur leur tête en faisant sonner une clochette. Il n'y avait qu'à tendre la main...
Susan, would you like to join me for a nice cup of tea and some warm yeastspotted muffins..?


(pour 6 muffins)

  • 300g de farine T65 ou T55
  • 1 1/4 cc de levure sèche instantanée
  • 1,5 cc de sucre
  • 5g de sel
  • 15g de margarine (ou beurre) tempérée
  • 220 à 240ml de lait ou lait de soja
  • qs semoule de maïs


Dans un grand saladier, verser la farine et mélanger avec la levure sèche puis ajouter le sucre et le sel et mélanger le tout.
Creuser un puits: ajouter la margarine ramollie coupée en morceaux et une grande partie du lait et mélanger avec une cuillère en bois pour amalgamer la farine en ajoutant peu à peu le reste du lait selon besoin: la pâte doit prendre forme autour de la cuillère et être plutôt molle.

Transvaser la pâte sur le plan de travail légèrement fariné et pétrir pendant une dizaine de minutes ou le temps nécessaire pour obtenir une pâte souple, lisse et élastique.
Mettre la pâte en boule dans un saladier légèrement huilé et la tourner pour que toute sa surface soit huilée. Couvrir avec du film alimentaire et un torchon de cuisine et laisser pousser environ 1h30: la pâte doit doubler de volume.

Garnir une plaque à pâtisserie avec du papier sulfurisé, huiler légèrement le papier et saupoudrer la surface avec de la semoule de maïs.

Humidifier le plan de travail avec un torchon humide et transvaser la pâte dessus. Diviser en 6 morceaux de même poids (environ 85g), les façonner en boules régulières et les déposer au fur et à mesure sur la plaque préparée en veillant à les espacer d'au moins 10 cm. Huiler légèrement la surface des boules (l'idéal étant d'utiliser un vaporisateur mais avec les doigts ça marche aussi) et la saupoudrer d'un voile de semoule de maïs.
Couvrir avec du film alimentaire ou avec un torchon et laisser reposer 1h à 1h30 ou le temps que les boules doublent pratiquement de volume (la pâte va gonfler en hauteur et un peu en largeur).


Chauffer une grande poêle sur feu moyen-vif et préchauffer le four th 6 (180°C) grille au centre.
Dès que quelques gouttes d'eau versées dans la poêle se mettent à grésiller et à s'évaporer, badigeonner légèrement la poêle avec de l'huile neutre puis transvaser délicatement les muffins un à un à l'aide d'une large spatule métallique en laissant au moins 3 cm d'écart entre eux.

Note: selon la taille de la poêle, on pourra cuire en même temps 2 à 3 muffins. Veiller à recouvrir les muffins sur la plaque avec le film alimentaire ou le torchon pour éviter la formation d'une croûte en surface qui nuirait au développement des muffins à la cuisson

Laisser cuire au moins 5 min ou jusqu'à ce que le dessous du muffin prenne une couleur brun doré soutenue (voir les photos non retouchées). Retourner délicatement les muffins avec la spatule et cuire la deuxième face pendant 5 min comme précédemment.
Dès que les muffins sont cuits sur les 2 faces, les transférer sur une plaque de cuisson et enfourner immédiatement pendant 5 min pour s'assurer que le centre est bien cuit. Pendant ce temps, cuire les muffins restants comme pour la première série.

Note: les muffins colorent assez rapidement à la oêle mais il ne faut pas céder à la tentation de les retourner trop tôt sous peine de les voir s'aplatir et avoir une texture dense. P. Reinhart dit de les laisser cuire "jusqu'à ce que le dessous du muffin ne puisse plus cuire encore sans brûler". Cela peut paraître subjectif mais en pratique, ça va tout seul!

Refroidir les muffins sur une grille et attendre 30 min avant de les couper en 2 de préférence à l'aide d'une ou de 2 fourchettes dos à dos pour obtenir l'aspect mythique du véritable muffin anglais.

Et puisque les muffins anglais accompagnent également à merveille oeufs brouillés et fromages et qu'ils sont parfaits pour un déjeuner ou un brunch, c'est avec plaisir que j'offre cette recette à Babeth pour sa généreuse initiative d'aider à notre façon à lutter contre les sarcomes.



Source: adapté de The Bread Baker's Apprentice: Mastering the Art of Extraordinary Bread de Peter Reinhart

09 mars 2009

Petits Gâteaux aux Prunes Rôties


Il n'y a pas très longtemps en surfant sur les divers sites de cuisine, je suis tombée sur un calendrier à imprimer plein de renseignements et d'astuces pour choisir et acheter ses fruits et légumes en saison. En lisant la partie consacrée à la prune particulièrement celle précisant que la pleine saison se déroule de juillet à septembre, je me suis demandée si c'était bien raisonnable de se laisser tenter par les étals des marchands qui présentent déjà ce fruit dans plusieurs variétés (j'en ai vu des noires, des rouges, des jaunes..!).
Mais c'est parfois difficile de résister (surtout quand les fruits arrivent dans la cuisine sans qu'on ait rien demandé...!) avec bien sûr quelques déceptions à la clé car si curieusement une grande partie des prunes était plutôt bonne à la consommation directe, l'autre se révélait suffisamment acidulée pour que je m'empresse de les recycler dans des petits gâteaux qui avaient déjà fait notre bonheur l'été dernier.
Simples petits gâteaux de type quatre-quarts à la base, la prune juteuse et légèrement caramélisée leur apporte une note fruitée acidulée et comme l'écrit Dorie Greenspan dans Baking With Julia transforme ces mini gâteaux en "un dessert combinant le charme des shortcakes et la douceur des tartes fruitées". Irrésistible!


(pour 8 à 12 mini cakes)

  • 115g de beurre mou ou margarine
  • 30g de sucre roux ou cassonade
  • 100g de sucre
  • 2 oeufs
  • 1 cc de zeste d'orange râpé
  • 1/2 cc d'extrait de vanille
  • 150g de farine
  • 3/4 cc de bicarbonate de sodium
  • 60ml de lait ribot ou 60 ml de lait + 1 cc rase de jus de citron
  • 4 à 6 prunes rouges mures mais fermes
  • qs sucre roux ou cassonade (80 à 100g)


Préchauffer le four th. 6 (175°C). Beurrer 8 à 12 ramequins ou empreintes à muffins standard et les placer sur une plaque à pâtisserie.

Dans un grand saladier ou le bol d'un robot muni de la feuille, travailler le beurre mou coupé en morceaux pour lui donner une consistance pommade puis ajouter la cassonade et le sucre et battre énergiquement jusqu'à ce que le mélange pâlisse et que le sucre soit dissous.
Ajouter le premier oeuf, bien mélanger pour l'incorporer puis ajouter l'autre oeuf et l'incorporer rapidement. Ajouter le zeste d'orange et la vanille et mélanger.
Verser la farine et le bicarbonate de soude et mélanger jusqu'à ce que toute la farine soit incorporée puis ajouter le lait ribot et mélanger pour obtenir une pâte homogène et lisse.

Répartir la pâte dans les moules préparés à raison de 1 à 2 cs de pâte selon le moule (la pâte ne doit remplir que la moitié du moule). Poser sur chaque ramequin une demi prune lavée et dénoyautée face coupée dessus et l'enfoncer à peine dans la pâte (la prune doit rester au-dessus du niveau de la pâte sous peine de disparaître lors de la cuisson).
Saupoudrer chaque demi prune d'1 cs environ de cassonade puis enfourner au centre du four.
Cuire environ 25 min ou jusqu'à ce qu'un cure-dent enfoncé dans le gâteau ressorte propre.



Laisser tiédir les gâteaux dans leurs ramequins avant de les démouler en passant d'abord une spatule métallique ou un couteau lisse autour du gâteau pour le décoller.

Ces petits gâteaux se servent tièdes ou refroidis: parfaits natures ou juste saupoudrés d'un voile de sucre glace pour accompagner thé ou café,ils peuvent également être servis en dessert individuel accompagnés de semifreddo à la prune, de crème fouettée, de glace à la vanille ou d'une sauce au chocolat.

Source: adapté d'une recette de Marcel Desaulniers dans Baking With Julia

06 mars 2009

Soleil de Majorque: les Ensaimadas


Depuis quelque temps malgré les nouvelles recettes qui ne cessent de s'accumuler un peu partout chez moi, j'ai plutôt envie de refaire certaines de mes anciennes recettes dont certaines datent de plus de 3 ans. Par goût, pour refaire des photos plus travaillées donc plus alléchantes et aussi par curiosité: l'expérience et le goût ayant évolués avec le temps, je me dis qu'il y a peut-être des choses à revoir ou à améliorer.
A priori, je compte simplement remplacer les anciennes photos par des nouvelles quand la recette et/ou le procédé restent les mêmes mais pour cette recette en particulier, j'ai pensé qu'un nouveau billet s'imposait car si ma recette publiée il y a 3 ans reste inchangée (elle est nickel!), le procédé est un peu revu et surtout plus détaillé et conviendra mieux je pense aux nombreuses demandes qui m'ont été faites surtout via Flickr.
Quand on me demande laquelle des viennoiseries je préfère parmi toutes celles qui sont à mon actif, j'ai toujours beaucoup de mal à trouver ma candidate favorite.. mais si je me forçais un peu, je pense que ce serait celle-là.
Vous ne me croyez pas..? Essayez d'abord!

Susan, I'm happy to send to yeastspotting these little pieces of heaven ;)


(pour 15 ensaimadas)

  • 500g de farine T45 ou T65
  • 4 cc de levure sèche instantanée
  • 230g de lait tempéré
  • 80 à 100g de sucre
  • 1 cc de sel
  • 2 oeufs
  • 2 cs d'huile d'olive
  • 150g de beurre mou
  • sucre glace

Dans un grand saladier, mélanger la farine tamisée avec la levure, le sucre et le sel.
Creuser un puits, verser le lait puis ajouter les oeufs entiers et l'huile d'olive et mélanger avec une cuillère en bois pour bien amalgamer tous les ingrédients.
Dès qu'une boule de pâte se forme autour de la cuillère, travailler la pâte à la main soit directement dans le saladier soit sur un plan de travail fariné. Pétrir 5 à 10min en ajoutant de la farine par petites quantités si besoin jusqu'à ce que la pâte devienne lisse, souple et élastique. Mettre en boule dans le saladier légèrement huilé et tourner la boule sur elle-même pour que toute sa surface soit également un peu huilée. Couvrir avec du film alimentaire et un torchon de cuisine et laisser lever environ 1h30 ou 2h (la pâte doit doubler de volume).

Verser la pâte sur un plan de travail légèrement fariné, la dégazer délicatement et l'aplatir avec la paume des mains pour lui donner la forme d'un rectangle. Etendre la pâte au rouleau sans trop l'écraser (on voit bien les bulles d'air!) sur une épaisseur de 5-7mm.
Mettre le beurre tempéré entre 2 feuilles de papier sulfurisé ou l'envelopper dans du film alimentaire. Avec un rouleau à pâtisserie, taper le beurre sur toute sa surface pour l'écraser et l'attendrir un peu; continuer ainsi jusqu'à former un long rectangle presqu'aussi long que la largeur du rectangle (voir photo 1) et 3 fois moins large.


(depuis la gauche vers la droite de haut en bas: photos 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7)

Placer le beurre façonné au centre de la surface de la pâte (photo 1) et replier par-dessus les 2 côtés du rectangle de pâte pour enchâsser le beurre (photos 2 & 3). Appuyer sur les bords supérieur et inférieur pour sceller la pâte (photo 3) et tourner d'un quart de tour (le pli doit se trouver vers le bas). Etaler au rouleau pour allonger la pâte et étaler le beurre puis plier en portefeuille (photos 4 & 5),. Tourner la pâte d'un quart de tour puis étendre au rouleau et replier la pâte comme précédemment (tour simple). Tourner d'un quart de tour et recommencer l'opération 2 à 3 fois supplémentaires.

Après le dernier tour, étendre la pâte à nouveau en rectangle et l'enrouler dans le sens de la longueur pour former un boudin d'environ 45 cm de long (photo 6). Couper en 15 tranches de 3 cm (photo 7) et déposer chaque spirale à plat sur la plaque de cuisson chemisée. Couvrir et laisser lever 1h.


Préchauffer le four th6 (180°C).
Enfourner les ensaimadas et cuire environ 15 min jusquà ce qu'elles prennent une coloration brun dorée (attention, selon les fours, il est possible que la coloration arrive avant que les ensaimadas soient parfaitement cuites: dans ce cas, couvrir à mi-cuisson d'une feuille de papier aluminium).
Dès la sortie du four, badigeonner légèrement les ensaimadas avec du beurre fondu à l'aide d'un pinceau. Laisser refroidir avant de saupoudrer de sucre glace.

04 mars 2009

Cheesecake au Caramel et Toffee


Loin... très loin de moi l'idée de faire concurrence aux spécialistes es-cheesecake que sont Sha ou Loukoum et sûrement d'autres: je ne connais rien aux cheesecakes, RIEN!
Sans doute parce que ce dessert ne fait pas partie de mes traditions culinaires ou que je n'ai jamais connu le nirvana du cheesecake newyorkais mais je dois dire que l'idée même d'une pâtisserie à base de fromage à tartiner ne m'a jamais attirée à priori.. pas même après avoir vu passer par les blogs autant de versions et d'interprétations.
Jusqu'à ce que Chandler et Rachel s'en mêlent:

C. : Tu dois absolument goûter à ce cheesecake
R.: [...] Waou.. il est tellement crémeux.. OMG, c'est le meilleur cheesecake que j'ai jamais mangé
[...]
R: Tu es sérieux? On a mangé un cheesecake entier il y a à peine 2 jours et tu en veux encore?
C.: Oui et bien, j'ai oublié le goût qu'il avait, d'accord!
R.: C'était un cheesecake. Il était pas mal. Il avait une couche fine de biscuit croustillante au bon goût de beurre avec une garniture crémeuse très riche et en même temps très légère... Waou, ma bouche vient de se remplir de salive.

La mienne aussi... et plus encore quand un peu plus tard je suis tombée sur cette photo, cette recette et ces mots magiques: Toffee(*) Crunch Caramel Cheesecake... A vrai dire, je n'ai lu que les 3 premiers mots, le reste était un peu accessoire mais cela m'a suffit pour faire tomber toute résistance et le temps de découvrir puis de réaliser les gingersnaps, mon tout premier cheesecake sortait du four. De là à ce que je devienne addict...qui sait?

(*): toffee = caramel mou


(pour un moule à charnière de 23 cm)


pour la base croquante
  • 200g de gingersnaps (voir ici)
  • 75g de beurre fondu
  • 20g de sucre roux ou cassonade

pour le cheesecake
  • 900g de cream cheese tempéré (voir note)
  • 200g de sucre roux ou cassonade
  • 30g de beurre fondu
  • 5 oeufs
  • 1 cc d'extrait de vanille liquide

pour le nappage caramel
  • 300g de sucre
  • 60ml d'eau
  • 1/2 cc de jus de citron
  • 250g de crème liquide
  • 1/2 cc d'extrait de vanille (optionnel)
  • qs de barres chocolat caramel (avec cacahuètes ;) )


Préparation de la base biscuitée



Préchauffer le four th.6 (180°C). Huiler légèrement un moule à charnière de 23 cm de diamètre et de 6-7 cm de haut puis recouvrir toute sa surface extérieure avec 3 épaisseurs de papier aluminium.

Réduire en poudre fine les gingersnaps soit dans un robot muni de la double lame soit au rouleau après les avoir placé dans un sac congélation.
Dans un bol moyen, mélanger les biscuits réduits en poudre avec le sucre et le beurre fondu. Transvaser ce mélange dans le moule et le presser fermement avec le poing ou le fond d'un verre pour former une couche régulière.
Enfourner et cuire 12 à 14 min ou jusqu'à ce que la croûte soit ferme et commence à brunir.
Laisser refroidir le temps de préparer la crème (garder le four allumé).


Préparation de la garniture cheesecake


Note: si vous êtes n'êtes pas puristes et que vous ne pouvez pas trouver du Philadelphia, vous pouvez le remplacer par au choix du St-Morêt, des petits-suisses, du Kiri, du mascarpone ou un mélange 50/50 de Kiri et mascarpone ou encore des Carrés Frais. David Lebovitz conseille d'utiliser le Samson kosher, un cream cheese danois plus proche du Philadelphia que l'on peut trouver en épicerie cachère. J'ai de mon côté expérimenté une version sans laitages avec un cream cheese végétal (oui, je sais!).

Dans un grand saladier, fouetter le cream cheese avec le sucre jusqu'à ce que la préparation soit onctueuse. Ajouter le beurre fondu, mélanger puis ajouter les oeufs un par un en mélangeant bien après chaque addition mais sans excès. Incorporer l'extrait de vanille.

Note: si vous êtes gourmands, vous pouvez également ajouter des petits morceaux de barres chocolatée dans la garniture ou des éclats de praline ou de brittle ;)

Verser la crème dans le moule sur la base biscuitée, placer le moule dans un plat à four type plat à gratin et remplir le plat avec de l'eau chaude à mi-hauteur du moule.
Enfourner et cuire 50 min à 1h ou jusqu'à ce que les bords de la crème soient gonflés (le centre doit rester un peu tremblotant). Poser le moule sur une grille, retirer le papier aluminium de protection autour du moule et laisser prendre une nuit au réfrigérateur.




Pour le nappage au caramel


Dans une grande casserole à fond épais, mélanger le sucre, l'eau et le jus de citron puis placer sur feu moyen en continuant à mélanger jusqu'à complète dissolution du sucre.
Augmenter le feu et laisser cuire le sucre sans remuer quelques minutes ou jusqu'à ce qu'il prenne une coloration ambrée (nettoyer les parois de la casserole avec un pinceau humide et remuer de temps en temps la casserole pour que la cuisson soit homogène).
Avec précaution, ajouter la crème liquide petit à petit (le caramel va "buller" fortement), baisser le feu et laisser réduire en mélangeant de temps en temps: le caramel doit former une sauce homogène. Ajouter l'extrait de vanille si vous l'utilisez.
Transvaser le caramel dans un bol et laisser refroidir pour que la sauce épaississe un peu.

Ces proportions donnent une grande quantité de sauce au caramel: elle se conserve parfaitement dans un pot hermétique.


Verser le nappage caramel lentement sur le cheesecake froid justa assez pour atteindre le bord supérieur (veiller à ne pas laisser le caramel couler entre le cheesecake et le moule). Garnir le tour du cheesecake avec les barres chocolat caramel coupées en gros morceaux.
Placer au frais et laisser maturer au moins 2h avant de démouler et de servir.


Source: adapté de la recette du restaurant Zoom (Utah) dans Bon Appetit, Jan. 200r via epicurious

01 mars 2009

DBers: Chocolate Valentino & Glace Café-Cardamome

Chocolate Valentino w/ Coffee Cardamom Ice-cream
Ok I'm late but my cake and ice-cream were made a few days ago, I promise... lol!!

The February 2009 challenge is hosted by Wendy of WMPE's blog and Dharm of Dad ~ Baker & Chef. We have chosen a Chocolate Valentino cake by Chef Wan; a Vanilla Ice Cream recipe from Dharm and a Vanilla Ice Cream recipe from Wendy as the challenge.

Lorsqu'il y a deux ans et demi, j'avais épluché page après page mon tout nouveau livre chouchou Baking With Julia, j'avais repéré tout de suite bien sûr les recettes à faire sans hésiter mais aussi celles qui ne verraient probablement jamais le jour dans ma cuisine. Parmi ces dernières, un gâteau noir au nom évocateur de Boca negra ("bouche noire") qui m'avait fait bondir en lisant parmi les ingrédients: 340g de chocolat!!
Imaginez ma tête en découvrant le nouveau défi du mois des Daring Bakers, un gâteau au chocolat sans farine portant le doux nom de Valentino réalisé dans un moule en coeur et nécessitant plus de 450g de chocolat pour sa réalisation!!
Mais j'ai osé.. plus que ça même: en sortant le gâteau du four (que j'avais choisi de réaliser en version individuelle), je me suis dit qu'un glaçage chocolat lui irait comme un gant!!
Et j'avais raison: non seulement le glaçage donne une touche élégante au gâteau mais il ajoute une petite note croquante qui sert bien le but de ce dessert, avoir exactement le goût du chocolat choisi pour le réaliser.

Au restaurant où le Valentino est servi, il est accompagné de crème fouettée mais les Daring Bakers aimant les challenges, la seconde partie de notre mission était de réaliser une glace soit à la vanille comme proposé par les organisatrices, soit au parfum et selon la recette de notre choix.
Bien qu'avec le chocolat l'éventail de goûts était plutôt large, j'ai su tout de suite quel serait le parfum de ma glace: depuis quelques semaines déjà, j'avais repéré une recette de Daniel Boulud pour des petits pots de crème café cardamome que j'avais mis en haut de ma pile à tester tant je suis fan des notes orientales apportées par cette association déjà appréciée chez moi. Ne me restait qu'à transformer les pots de crème en crème glacée, chose faite grâce au maitre ès-glace qu'est (aussi) David Lebovitz... et voilà!
Pour d'autres formes et parfums, courez voir les géniales idées des autres Daring Bakers: il y en a vraiment pour tous les goûts ;)


Chocolate Valentino
(pour un moule coeur de 20 cm ou 12 petits moules coeur 130ml)


pour le gâteau au chocolat Valentino
  • 450g de chocolat noir (70% pour moi)
  • 145g de beurre
  • 5 oeufs séparés

pour la glace Café-Cardamome
  • 85g de grains de café
  • 10g de gousses de cardamome verte
  • 100g de sucre (1)
  • 250ml de crème liquide (1)
  • 250ml de lait
  • 5 jaunes d'oeuf
  • 30g de sucre (2)
  • 250ml de crème liquide (2)
  • 1/4 cc d'extrait de vanille
  • 1/2 cc de café moulu


Préparation de la glace Café-Cardamome
(adapté d'après Cafe Boulud Cookbook et The Perfect Scoop en images chez Elise)



Concasser grossièrement les grains de café mélangés aux gousses de cardamome soit au rouleau à pâtisserie après les avoir placés dans un sac type ziploc soit au robot avec double lame.
Verser les grains concassés dans une grande casserole, ajouter le sucre (1) et mettre sur feu moyen en remuant constamment avec une cuillère en bois pour faire fondre le sucre.
Continuer à mélanger jusqu'à ce que le sucre commence à caraméliser et prenne une couleur ambrée.
Verser doucement et avec précautions la crème liquide (1) puis le lait: le caramel va un peu se figer dès addition de la crème, c'est normal; il suffit de continuer à mélanger doucement sur feu doux pour que le caramel fonde. Porter alors à ébullition puis retirer du feu, couvrir la casserole avec du film alimentaire et laisser infuser 30 min à 1h.

Remettre la casserole sur feu moyen juste le temps que de petites bulles se forment en périphérie. Verser la crème liquide (2) dans un grand récipient placé sur un lit de glaçons.
Mettre les jaunes d'oeufs dans un bol résistant à la chaleur et les fouetter quelques minutes avec le sucre (2). Verser dessus en filet le liquide chaud sans cesser de fouetter puis remettre le tout dans la casserole et continuer la cuisson en mélangeant doucement avec une cuillère en bois jusqu'à ce que la préparation épaississe un peu et nappe la cuillère.
Filtrer la crème café-cardamome au-dessus du récipient contenant la crème froide en tassant les grains avec le dos d'une cuillère pour recueillir le maximum de crème et de parfums. Mélanger pour homogénéiser, placer dans un récipient hermétique et laisser maturer au réfrigérateur au moins 6 heures ou la nuit.
Le lendemain, turbiner la glace dans la sorbetière si vous avez la chance d'en posséder une ou faites comme moi, à l'ancienne: placer la crème au congélateur pendant 30 min, fouetter quelques secondes au fouet à main ou mieux au mixeur plongeur (girafe) puis remettre la glace au congélateur. Recommencer cette opération pendant les 2 premières heures, soit 4 fois.


Préparation du Chocolate Valentino


Préchauffer le four th 6-7 (190°C).

Casser le chocolat en petits morceaux et les placer dans un cul de poule avec le beurre coupé en petits morceaux. Faire fondre au bain-marie en remuant de temps en temps avec une cuillère en bois ou une spatule en silicone pour que la fonte soit homogène.

Préparer le ou les moules choisis: beurrer légèrement le moule puis placer une feuille de papier sulfurisé beurrée aux dimensions du fond du moule pour le recouvrir.

Séparer les blancs des jaunes d'oeufs et les placer dans des bols séparés.
Fouetter les blancs jusqu'à ce qu'ils forment des pics fermes (attention à ne pas battre avec excès ou le gâteau sera sec). Avec le même fouet, battre légèrement les jaunes avant de les ajouter au chocolat fondu.
Incorporer délicatement 1/3 des blancs à l'appareil chocolat avec une maryse en soulevant la masse de bas en haut puis continuer avec les 2/3 restants en mélangeant délicatement juste assez pour qu'il ne reste aucune trace de blancs dans la préparation.

Verser la pâte (devenue épaisse) dans le ou les moule(s) préparé(s) et cuire de 15 à 25 min selon le type de moule choisi (si vous avez un thermomètre de cuisson, la température interne doit être de 60°C en fin de cuisson).
Laisser refroidir complètement avant de démouler.


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